Rencontre avec Laurée-Anne Simard, co-fondatrice de Nous tous un soleil.
D’entrée de jeu, la co-fondatrice de Nous tous un soleil, Laurée-Anne Simard, éprouve l’impérieux besoin de me dire que d’ordinaire « C’est plutôt Norma Lopez qui se prête aux entrevues». Réservée, celle qui maintient l’organisme de la rue Lajeunesse (à Montréal) à flots semble touchée que l’on s’intéresse à sa trajectoire personnelle.
Du rêve à la réalité
Originaire de Dolbeau au Lac Saint-Jean, Laurée Anne Simard quitte son patelin à la fin de l’adolescence. « À dix-huit ans, je suis allée travailler à Chicago comme gardienne dans une famille. Je voulais connaître la grande ville.»
Lorsqu’elle revient, elle s’installe à Montréal et fait la rencontre de celui qui est toujours dans sa vie. «Quand je suis arrivée du Lac-Saint-Jean, je m’en venais vivre la vie de la grande ville et je l’ai rencontré. On s’est fréquenté un an et demi et on s’est marié.» Quelques années après avoir eu ses deux enfants, elle s’inscrit au baccalauréat en enseignement des arts à l’Université de Montréal.
Vivement impliquée dans le comité interculturel d’une garderie de Saint-Léonard que fréquentent ses enfants, elle fait la connaissance de Norma Lopez- Therrien. « Quand j’ai rencontré Norma, j’ai fait trois rêves qui me disaient que je devais travailler avec elle. C’était passionnant, car l’interculturalité était quelque chose de nouveau. Et partout où on allait présenter nos projets, ça marchait. Les gens étaient emballés et on obtenait des subventions facilement. »
Ainsi donc, les deux femmes allient leurs compétences respectives pour faire fonctionner un organisme au mandat éducatif et culturel qui met en relief les ressemblances plutôt que les différences entre les individus des divers communautés culturelles qui composent Montréal. Et l’origine du nom très imagé de l’organisme ? « Nous tous pour la solidarité et un soleil pour la chaleur que cela crée d’être ensemble » raconte Laurée –Anne Simard.
Diplômée d’une maîtrise en éducation, Norma Lopez –Therrien détient un bagage théorique considérable sur les problématiques interculturelle et structure les activités de Nous tous un soleil pour rejoindre tous les groupes d’âges. De son côté, Laurée-Anne prend spontanément les finances de l’organisme en échange. « Depuis dix-sept ans, j’avais peur de faire faillite, mais on a toujours eu de l’argent. »
Une philosophie, trois volets
Nous tous un soleil, fondé en 1983, innove en proposant des activités concrètes et originales dans le but d’améliorer les rapports interculturels dans la région métropolitaine et ce, en rejoignant les individus de tous les groupes d’âges.
Divisé en trois volets principaux, l’organisme organise des séances d’animation dans les écoles primaires, des sessions de formation dans les écoles primaires, des sessions de formation et d’éducation interculturelle dans divers organismes et institutions et a mis sur pied le Carrefour Art-Jeunesse-Monde afin de permettre aux jeunes de développer leur création artistique.
Ayant rejoint plus de cent cinquante écoles primaires du Grand Montréal depuis sa création, l’équipe de Nous un soleil travaille actuellement à l’élaboration d’un CD-ROM qui remplacera les animateurs. « Avant, on allait dans les écoles en proposant une semaine d’animation comprenant des sketches, des pièces de théâtre et des chansons sur le thème de la ressemblance, la diversité, les préjugés et la coopération. Maintenant, on a plus les moyens financiers de faire ça, alors on a décidé de monter un CD-ROM qui circulera dans les écoles. » C’est donc dire que les fondatrices de Nous tous un soleil ne se laisse pas démotiver par l’impécuniosité qui touche le milieu communautaire.
« C’est vraiment les relations humaines et la création artistique qui me motive à Nous tous un soleil.»
Audrey Côté



