La première femme à fonder une entreprise fut Agathe de Saint-Père en 1705. Suite au naufrage de la Seine, qui apportait le ravitaillement en étoffe pour toute l’année, et pour rendre la Nouvelle-France auto-suffisante en matière de tissu, madame Saint-Père ouvre la première manufacture de draps, rue St-Joseph à Montréal, et devient une commerçante prospère.
Elle négocie avec les Agniers et rachète des tisserands anglais capturés par les Indiens à Deerfield près de Albany. Elle les équipe de métiers et leur adjoint des apprentis. Elle-même poursuit des expériences sur des colorants indigènes
et sur leur fixation. Après le départ des tisserands rachetés par les Bostonnais en 1707, la manufacture devenue autonome conserve son rythme de production jusqu’en 1713, année où elle résolut de se retirer des affaires Auparavant, cette femme de tête et de cœur douée pour le commerce avait inventé et commercialisé le sucre d’érable qu’elle a fait connaître en France.
Les femmes ont été toujours en affaires. En collaboration avec leur mari ou après le départ de celui-ci, elles reprennent le flambeau pour continuer à faire fructifier l’entreprise familiale.
Un exemple : le magasin général. Pendant que son mari s’occupait du commerce, Madame tenait les comptes. Qui connaissait mieux qu’elle les trucs pour étirer un dollar?
Et il ne faut pas oublier les fermières. Ces femmes qui partagent toutes les tâches avec leurs maris, des semences à la vente des légumes au marché.
La transformation
Avec les deux guerres mondiales, les femmes ont appris à travailler en dehors des du milieu familial. Faire des métiers qui, jusque là, étaient révervés aux femmes et réussir.
Un exemple : En 1940, plus de 1400 avions de combat Hurricane ont été fabriqués au Canada sous la direction d’une femme remarquable : Elsie MacGill, qui était la première ingénieure en chef de la Canadian Car and Foundry
Suite aux pressions de l’ADEAS et de l’association des femmes collaboratrices, en 1980, le salaire versé à une épouse collaboratrice est considéré comme une dépense d’entreprise. Grâce à ce changement, ces femmes ont, depuis, accès au régime des rentes du Québec, elles sont couvertes en cas d’accident de travail et elles ont droit à la réduction des frais de garde d’enfant.
Les résultats
De nos jours, il y a de plus en plus de femmes scolarisées et pratiquant des métiers non-traditionnels. Lorsqu’elles partent en affaires avec leur conjoint, elles le font en tant qu’associées à part entière. Les femmes sont reconnues comme étant déterminées, dynamiques et minutieuses; elles ont le sens du partage et de la communication. Leur façon de faire des affaires est différente mais donne des résultats.
Un exemple de détermination
Denise Verrault dirige depuis 1989 une entreprise qui regroupe six filiales spécialisées dans le dragage, le transport maritime du pétrole en vrac, ainsi que la construction et la réparation des navires.
Selon elle, diriger une entreprise lui a permis de découvrir des qualités dont elle ne soupçonnait pas l’existence . « Je me suis aperçue que j’étais bonne négociatrice et que je possède un certain leadership. Je ne savais pas que j’avais des dons. » Mais la qualité la plus importante est la vision qu’elle a de l’entreprise. « J’ai cette capacité de me projeter dans le futur. Je sais exactement où je veux aller. Je suis capable de voir les choses de façon globale. »
Le conseil que donne Denise Verrault aux femmes qui veulent se lancer en affaires est simple : «Être soi-même. Lorsque j’ai débuté, raconte-t-elle, je n’ai eu ni message, ni conseils de la part de personne. Je n’avais même pas de connaissance dans le domaine des affaires. J’ai parfois bouleversé des façons de faire. Mais la manière dont les contrats étaient obtenus et gérés, la relation avec le client, moi je considérais qu’il fallait que ça se fasse d’une certaine façon. Même si ça se faisait autrement ailleurs. »
Le sentier défriché par Agathe de Saint-Père est aujourd’hui une autoroute à plusieurs voies…Les femmes n’ont qu’à s`y engager.



