La marche mondiale des femmes. Il fallait être audacieuse pour accepter un tel défi. Vous avez réuni dans un geste de solidarité sans précédent les femmes de 159 pays pour une marche qui s’est terminée à New York le 17 octobre 2000.
Nous représenter à l’ONU ce jour-là et déposer nos revendications pour un meilleur développement social et une équité envers les femmes du monde, vous m’avez fait vibrer Madame David…
Quelle belle image que de voir passer d’une main à l’autre des millions de cartes d’appuis, certains pays ayant pris la peine décorer leurs boîtes avant de les déposer, tellement c’était important pour les femmes. Cala représente un cadeau rempli de solidarité, un espoir pour un futur meilleur, avec la conviction que ces changements passeront par la voix des femmes. Car, il est important de voir arriver ces actions en contrepartie de la mondialisation parfois sauvage du profit à tout prix.
Ce jour là, je me suis dirigée vers le parc appelé aussi la Place des Nations-Unies en compagnie de quelques 12 000 femmes qui chantaient du Pain et des Roses pour changer les choses. La langue française et le drapeau du Québec fièrement arboré par nos femmes, jamais le Québec ne fut si bien représenté à New York.
Toutefois je me pose encore une question et non la moindre : Qu’avons-nous obtenu ? Une augmentation de 10 sous l’heure pour le salaire minimum. Monsieur Bouchard dit : On ne peut donner davantage et Monsieur Charest de renchérir : c’est trop, les compagnies du Québec n’ont pas les moyens. Je me demande dans quelle bulle ils vivent pour parler un tel langage. La population du Québec est composée à 52% de femmes. Ce sont les femmes et les étudiants qui occupent les postes au salaire minimum. C’est à croire que nos politiciens ont oublié qu’ils étaient élus par la population pour un partage équitable des richesses. Nous sommes loin de la coupe aux lèvres, ce qui me fait dire que la démarche faite au cours de cette marche doive continuer. Les femmes ne cessent de s’appauvrir et subissent toujours de la violence: assez, c’est assez!
Retroussons nos manches et continuons ensemble notre route vers un partage équitable de la richesse et des ressources. C’est avec des mains de maître que vous avez porté ce dossier. Nous avons toutes les raisons d’être fières de votre travail.
Gisèle Pomerleau



