01 octobre 1999| Vol. 1, No. 4 - Octobre-Novembre 1999 |
Travail occasionnel, temps partiel ou contractuel - synonymes de pauvreté des femmes

Qui, au cours des années n’a pas eu un jour à faire face au travail occasionnel, temps partiel, ou contractuel ? Au cours de mes huit années d’expérience dans le secrétariat, j’ai dû changer plusieurs fois d’emploi sans parvenir à acquérir une expérience continue.

« Qu’on ne vienne plus me dire que les femmes choisissent le travail occasionnel. On ne le choisit pas, on le subit »

Ces emplois occasionnels, majoritairement occupés par des femmes, sont évidemment dépourvus d’avantage sociaux et de sécurité d’emploi. La plupart du temps, les contrats ne sont pas respectés et nos tâches sont souvent ingrates. On nous donne les tâches que les employés-ées permanants-tes refusent de faire.

Et que dire des employeurs qui ne veulent pas nous offrir la formation des personnes déjà sur place? Heureusement, j’ai rencontré quelques employeurs d’exception qui m’ont aidée à acquérir certaines formations et qui ont apprécié le travail des occasionnels-elles.

En tant que chômeuse du travail occasionnel, je dois encore me débattre pour trouver un emploi convenable. Mais, comme rester à jour dans son domaine exige de travailler à temps plein, je fais face quotidiennement au manque de formation, de ressources matérielles et économiques. C’est donc le fameux cercle vicieux du monde du travail qui défavorise davantage les femmes. Celles-ci sont donc généralement confrontées à la pauvreté, ce qui entraîne souvent, par voie de conséquence, des problèmes de santé mentale.

Comme la durée des postes occasionnels est de plus en plus courte, l’accès à l’Assurance-Emploi s’avère pratiquement impossible. Par exemple, après avoir cumulé 400 heures (environ 4 mois) à un endroit, je ne suis pas admissible à l’Assurance-Emploi et je retrouve dépendante de mon mari financièrement. À l’aube de l’an 2000, dans un Québec qui se voudrait souverain, une telle situation est-elle acceptable socialement?

De même, les personnes condamnées au travail occasionnel, si elles n’occupent pas le même emploi depuis au moins un an, n’ont pas accès aux listes de rappel. Comment s’en sortir? En tout cas, qu’on ne vienne plus me dire que les femmes choisissent le travail occasionnel. On le subit. Malgré cela, je garde tout de même espoir qu’un jour, le monde du travail se réorganisera pour le mieux-être de tous les individus de notre société.

Que les employeurs nous donnent la chance d’accéder à des postes permanents pour l’avenir.

Ginette Therrien