Lorsqu’elle prend la commande du boeing 767 d’Air Canada, c’est le cas de le dire, Suzanne Petitgrew plane.
« Au quotidien, je pars les moteurs et on décolle. C’est la joie le plaisir de décoller, de faire voler un si gros engin. Contrôler cette mass-là, du haut de mes 110 livres, c’est un feeling incroyable. Quand je me promène autour de l’avion pour m’assurer que tout est correct, je me dis que je contrôle ça. Ça me passionne. »
Faire de sa passion un travail quotidien
Originaire de Cap-Rouge, Suzanne Petitgrew a fait sa formation de pilote au Cégep de Chicoutimi à l’âge de 17 ans. Il faut dire que le vol aérien a toujours fait partie des loisirs de la famille Petitgrew. « La passion du vol m’est venue de mon père. Il a toujours travaillé comme contrôleur aérien, mais possédait de petits avions. »
Voir l’émerveillement des gens qui prennent l’avion pour la première fois, découvrir la géographie du haut des airs, rencontrer des gens de toutes les cultures atténuent les lourdes responsabilités de la pilote d’avion. « Nous faisons la vérification des plans de vols, car les ordinateurs ne pensent pas. On évalue les vents, la route, la durée de vol, le carburant, les systèmes dépressionnaires, etc. Bref, le pilote doit voir à ce que l’appareil fasse bien ce qu’il a à faire. »
Pilote d’avion :un métier sans discrimination salariale
Étant l’une des 52 femmes pilotes chez Air Canada (sur 2200 hommes ), Suzanne Petitgrew n’a jamais subi de discrimination. «Je dois avouer que malgré que ce soit un monde d’hommes, je n’ai jamais eu de harcèlement. Au début, les hommes ne savent pas trop comment se comporter mais, rapidement, les préjugés tombent. » Contrairement à plusieurs domaines, les femmes pilotes d’avion n’ont pas de problème d’inéquité salariale. Les femmes pilotes reçoivent le même salaire que les hommes. « Il n’y a pas de discrimination salariale. Un pilote ça vaut tant, sans distinction de sexe, explique celle qui pilote des avons depuis dix ans. »
Bien que le salaire des pilotes soit élevé, ne devient pas pilote qui veut. « Ma mission aujourd’hui, c’est d’encourager les jeunes femmes qui veulent être pilotes à le faire, mais il faut le faire par passion. Si c’est seulement pour l’argent, ça ne fonctionnera pas, car le chemin est trop long. De plus, il faut être autonome et s’adapter facilement à toutes les situations. Il faut aussi être curieuse, dynamique, sociale et avoir le goût de l’aventure », précise Suzanne Petitgrew.
Audrey Coté



